mercredi 10 avril 2013

Prostitution étudiante, conséquence d’une précarité en hausse

Avec l’augmentation de la précarité, la prostitution étudiante est elle aussi en augmentation. Si le phénomène n’est pas nouveau, la tendance est à la hausse. Certaines universités à l’instar de Rennes tirent la sonnette d’alarme



Homme sympa, trentaine, recherche jeune femme, étudiante, escort et plus si affinité. Les annonces de ce type fleurissent sur le web. Mes chères études : Etudiante, 19 ans, Job alimentaire : prostituée, paru en 2008, levait déjà le voile sur ce phénomène. Témoignage de Laura D., ce livre revenait sur la nécessité de la jeune étudiante à se prostituer pour poursuivre ses études. Hubert Polongeau, dans son livre à paraître Ils travaillent au noir : enquête sur un mal français parle même de désarroi estudiantin.

Une précarité qui ne laisse plus d’autres choix

Selon l’UNEF, 10% de la population étudiante est en situation de précarité soit 230 000 personnes. La crise, l’augmentation constante des loyers ou la hausse des frais de scolarité de 27% en 10 ans obligent de plus en plus d’étudiants à travailler à côté de leurs études supérieures. Les petits boulots sont de plus en plus difficiles à décrocher, car la concurrence est rude et le marché est saturé. Il est, de plus, difficile de concilier job et études, les employeurs n’étant pas toujours flexibles sur les horaires.

Il devient alors tentant pour ces jeunes filles de choisir la voie de la prostitution. L’anonymat de web permet de déposer ou de répondre à des annonces, quitte à se créer une nouvelle identité. L’engrenage enclenché, il leur est alors difficile de s’extraire du milieu de la prostitution, devenue dépendante à l’argent obtenu rapidement et en liquide. Un job non déclaré qui ne viendra pas non plus peser sur les droits aux bourses ou les impôts des parents.

Les universités s’inquiètent des conséquences pour les étudiantes

Les universités de Poitiers, Montpellier et Rennes ont lancé des enquêtes démontrant l’existence de la prostitution sur leur campus. Sous forme de questionnaires, 130 jeunes femmes sur 1500 questionnaires récoltés par Rennes en 2011 se disent prêtes à vendre leur corps pour payer leur loyer et remplir le frigo. Une trentaine affirme être passée à l’acte. D’une manière générale, c’est 20 000 à 40 000 étudiantes concernées par la prostitution. L’Association Fédérative des Étudiants de Poitiers lance cette année un reportage sur la prostitution étudianteOsons en parler, avec témoignages et conseils pour sortir du silence tabou.


Coralie Pierre

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